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Point de vue

 


Vincent Delahaye


Vincent Delahaye
Sénateur de l’Essonne           Maire de Massy de 1995 à 2017

« Une boussole guide l’action de la ville depuis des années : l’amélioration de la qualité de vie des habitants par la recherche permanente d’équilibre entre les besoins des personnes et ceux des entreprises.

Loin d’être un quartier exclusivement résidentiel, une zone d’activité professionnelle ou une succession de  centres commerciaux, Atlantis, dernier-né des quartiers de Massy, est l’illustration de cette politique constante : issu des friches industrielles et agricoles du siècle dernier, nous avons souhaité en faire un quartier de vie,  mélange harmonieux de logements, d’entreprises, de commerces et d’équipements publics, à l’instar des autres quartiers de la ville.

Au centre de ce quartier, la place du Grand-Ouest constitue le dernier chantier à réaliser pour que nous puissions considérer la rénovation de cette partie de la ville comme achevée. Et la réalisation, sur une surface relativement restreinte, de notre politique : un centre de congrès, un hôtel, des commerces et restaurants pour satisfaire les professionnels, un cinéma multiplexe au service de la politique culturelle, deux écoles primaires et un centre aéré pour répondre aux besoins en équipements publics et des logements étudiants et résidentiels pour les habitants.»


Jean Chéron


Jean Chéron
Architecte – Urbaniste coordinateur ayant participé aux premières études sur le projet

«Grand-Ouest » ? Indispensable lieu d’intensité d’Atlantis. Mais aussi « réponse locale à un problème global » : les Champs-Ronds, bouclés par des infrastructures ferroviaires et routières risquaient de devenir un « isolat ». Dès notre prise de connaissance de ce territoire, nous avions été frappés par le fait qu’on n’y pénétrait qu’en passant sous ou sur des voies ferrées ou des voies quasi autoroutières, et nous avions relevé l’improbable court-circuit des deux avenues Carnot et Paris se réunissant en une épingle à cheveux en balcon sur une autoroute. Or elle est relativement récente cette A126, et elle a parachevé, sans autre procès, l’enfermement du quartier, le privant, au Sud, de toute liaison avec Palaiseau. Paradoxe des échelles : les grandes liaisons cassent les petites. Comme les grands centres commerciaux de périphérie asphyxient les commerces de proximité. « Grand-Ouest » donnera à Atlantis sa propre centralité, donc une certaine autonomie.».


Christian de Portzamparc


Christian de Portzamparc
Architecte urbaniste

Un quartier conçu comme une séquence.

« Nous proposons en fait un système de places se succédant entre la gare et l’avenue de Paris, afin d’affirmer une centralité fluide qui se dissémine et se lie au quartier en le ponctuant de lieux publics marquants, attirants et très repérables depuis tous les parcours.

Ce système de places structure les lieux et établit une hiérarchie dans les usages, la place des Gares étant grand-parisienne, celle du Grand Ouest étant un cœur de l’étendue sud. La place du Cèdre installe une intimité remarquable sur le carrefour de la rue Ramolfo Garnier et de l’avenue de Paris, sur laquelle nous trouvons une place parvis marquant l’entrée de la rue du Grand Ouest et des cinémas. […] Deux attaches majeures du quartier à la ville, au nord et au sud du site, sont ainsi définies par deux places et, de loin, des signes appellent et polarisent les parcours. […]

Ce n’est pas un secret, l’animation urbaine est faite d’habitants et de flâneurs qui marchent, et il faut présenter tous les cinquante mètres l’apparition d’événements visibles, de perspectives et de visions proches ou lointaines, de surprises qui soient propres à faire se mouvoir l’animal humain. […] Avec ce chapelet de places, le futur quartier est ainsi pensé comme une séquence, un film que l’on pourrait voir selon plusieurs montages, un parcours offrant partout des vues proches et lointaines, ce qui ménage des découvertes. »

 


MICHEL PÉNA

 

atelier de Michel PENA 15 rue Fautrier 75013 ParisMichel Péna
Concepteur des espaces publics de la Place du Grand Ouest

« Il s’agit tout d’abord de s’intégrer à la logique des traitements urbains existants. Il en est ainsi des trottoirs périphériques traités avec les dalles de béton utilisées sur l’ensemble du quartier.

Il faut néanmoins désigner ici un lieu symbolique remarquable de Massy en tant que son nouveau centre, celui du XXIème siècle, centre dense où convergent tous les chemins.

Le projet articule deux places majeures ayant des vocations bien différentes : la place du Grand Ouest et la place des Gares. Celle des Gare, marque l’ambition de Massy à l’échelle internationale, puisque le TGV s’y arrête ; s’y rejoignent la grande passerelle, la gare de bus et le pôle multimodal; cette convergence montre en quoi il s’agit bien ici du centre d’un territoire.

Son image impactera largement au-delà du quartier et les traitements devront conséquemment véhiculer cette signification en offrant une qualité exceptionnelle.

Cette place forme un couple avec la Place du Grand Ouest, située plus au sud.
Chacune assure une vocation radicalement différente;
soit place conviviale, place/jardin presque, place où l’on s’arrête ; soit, telle celle de la Gare, place très minérale, celle où l’on passe.

Ces deux vocations opposées mais complémentaires doivent constituer un tout unique et homogène dans le paysage urbain de Massy.
C’est pourquoi nous avons choisi un matériau qui puisse jouer les deux usages. A la fois très dur, très praticable, facile d’entretien, clair pour offrir plus de lumière tout en étant variable, coloré, ludique et même pittoresque.

La place du Grand Ouest forme un vaste plateau horizontal animé des terrasses des cafés. Une volée de marches de pierres de taille se perdant dans la pente permet de rattraper le niveau de trottoir.».


Elizabeth de Portzamparc


Elizabeth de Portzamparc
Architecte urbaniste

Toujours garder à l’esprit la qualité de la vie quotidienne.

« Plusieurs bâtiments symboliques, l’hôtel, l’Ellipse et le Pavillon des mobilités, apportent à la place des Gares la monumentalité ou la touche de « glamour » qui viennent souligner sa dimension régionale. Mais dans l’ensemble, l’architecture, celle des logements, est plutôt sobre, sans effet. Nous l’avons voulue rigoureuse, simple, élégante et calme. Et surtout pas uniforme : c’est un quartier neuf que nous créons ; le fait qu’il y ait plusieurs signatures est important car l’impression de “ vraie ville ” est très liée à la diversité des architectures, qui est le résultat naturel de la construction progressive des villes. Ce qui donne sa cohérence à cette diversité, c’est le plan masse et ses volumes, je veux parler des îlots ouverts : ils rendent possible la qualité des logements par l’implantation et l’orientation des bâtiments. Ensuite, c’est un travail minutieux que d’adapter la forme des pièces, de veiller à ce que chaque logement ait plusieurs orientations, une loggia, etc. Une chose que nous avons particulièrement développée, dans ce projet, ce sont les espaces partagés.

Ils viennent en quelque sorte agrandir les logements pour permettre aux habitants de pratiquer des activités difficiles en appartement, comme le jardinage évidemment, mais aussi le bricolage, la musique…

Dans l’un des îlots, autour d’un jardin partagé central, tous les rez-de-chaussée sont conçus comme des ateliers appropriables par les habitants.

Dans un autre, qui est encore optionnel, ce serait une grande salle de réunion située au contraire au dernier étage. Il ne faut surtout pas oublier la vie quotidienne des gens qui vont vivre dans ce quartier ou le fréquenter. C’est pour cela que, en particulier, j’ai défendu l’idée que certains espaces publics devaient avoir un caractère intime, de cocon, comme des places de quartier où les habitants peuvent se retrouver autour d’un arbre. »

 

 


Alain Taravella,

Alain Taravella
Président fondateur
d’Altarea Cogedim
Photo Gaëtan Bernard

La méthode de consultation nous a conduits en phase finale avec un projet parfaitement abouti.

« Le projet Grand Ouest s’inscrit pleinement dans notre stratégie puisque nous avons développé un modèle spécifique d’entreprise, à la fois foncière commerce et promoteur de logements, de bureaux et d’hôtels. Ce modèle nous rend totalement légitimes pour créer de véritables “ morceaux de ville ”qui associent la mixité des fonctions, des usages et des services. Le projet Grand Ouest se situe dans la même veine : ce sera le nouveau cœur de ville d’Atlantis. Mieux, avec Le projet Grand Ouest, Massy deviendra le barycentre du sud du Grand Paris. […] La consultation a été une véritable démarche partenariale, un dialogue avec tous les acteurs du projet : la Ville, PARIS SUD AMÉNAGEMENT, les architectes… C’est une approche résolument originale : celle d’un urbanisme de projet.

Avec nous comme avec les deux autres finalistes, une équipe projet a été constituée pour mener un travail de fond et présenter, lors de la phase finale de la consultation, trois projets d’aménagement parfaitement aboutis. Cela a permis de pousser le plus loin possible chacun des projets en termes de faisabilité budgétaire, de délais et de compétences, pour étayer le choix. Cette méthode est en totale adéquation avec notre culture d’entreprise et notre façon de travailler en partenariat avec les collectivités. Réunir l’ensemble des acteurs qui travaillent de manière très étroite au sein de différents ateliers (urbanisme et architecture, aménagement, financement,…) confère au projet une grande cohérence et une ambition forte. »